1 Namo tassa bhagavato arahato sammāsambuddhassa
Hommage à lui, le Bienheureux, l'Arhat, le Parfaitement Éveillé par lui-même.
Kamalāñjali
Salutation du Lotus
1.
1.
Kamalāsana kamalāpati pamathādhipa vajirā,Yudhadānava manujoraga bhujagāsana patinaṃ;
Makuṭāhita manidīdhiti bhamarāvali bhajitaṃ,Paṇamā’mahaṃ anaghaṃ muni caraṇāmala kamalaṃ.
Je m'incline devant les pieds de lotus sans tache du Sage, honorés par Brahma, Vishnu, Shiva et Indra, ainsi que par les démons, les hommes et les serpents, et servis par l'éclat des joyaux de leurs couronnes comme par une nuée d'abeilles.
2.
2.
Kamalālaya sadi’saṅkita kalamaṅgala ruciraṃ,Jutirañjitaṃ abhinijjita subhakañcana nalinaṃ;
Janitā cira samaye nija pitu bhūpati namitaṃ,Paṇamā’mahaṃ anaghaṃ muni caraṇāmala kamalaṃ.
Je m'incline devant les pieds de lotus sans tache du Sage, marqués par des signes auspicieux semblables au lotus, rayonnants de lumière, surpassant la beauté du lotus d'or, et devant lesquels son propre père, le roi, s'est incliné après une longue attente.
3.
3.
Saraṇāgata rajanīpati dinasekhara namitaṃ,Bhajitākhila janapāvanaṃ abhikaṅkhita sukhadaṃ;
Vasudhātala sayamuggata sarasīruha mahitaṃ,Paṇamā’mahaṃ anaghaṃ muni caraṇāmala kamalaṃ.
Je m'incline devant les pieds de lotus sans tache du Sage, honorés par la lune et le soleil qui y cherchent refuge, purificateurs de tous les êtres qui leur rendent hommage, dispensateurs du bonheur souhaité, et vénérés comme des lotus apparus d'eux-mêmes à la surface de la terre.
4.
4.
Diradāsana tarupantika ghaṭitāsanaṃ abhayaṃ,Vijayāsana samadhiṭṭhita caturaṅgika viriyaṃ;
Dharamānaka suriyehani vijitantaka dhajiniṃ,Paṇamā’mahaṃ abhipātita namuciddhaja vibhavaṃ.
Je m'incline devant celui qui a renversé la puissance de la bannière de Namuci (Mara), qui s'est établi avec une énergie quadruple sur le trône de la victoire sous la rangée d'arbres, sans crainte, et qui a vaincu l'armée de la mort tandis que le soleil brillait encore.
5.
5.
Sadayodita piyabhārati vijitantaka samaraṃ,Dasapārami balakampita sadharādhara dharaniṃ;
Girimekhala varavārana sirasānata caraṇaṃ,Paṇamā’mahaṃ abhinandita sanarāmara bhuvanaṃ.
Je m'incline devant celui qui est acclamé par le monde des hommes et des dieux, dont les paroles sont douces et aimables, qui a remporté la bataille contre la mort, dont la terre et les montagnes ont tremblé sous la force de ses dix perfections, et devant les pieds duquel Girimekhala, l'éléphant noble, a incliné la tête.
6.
6.
Nikhilāsava vigame’nativimalīkata hadayaṃ,Tadanantara viditākhila matigocara visayaṃ;
Visayīkata bhuvanattayaṃ atilokiya caritaṃ,Paṇamā’mahaṃ aparājitaṃ arahaṃ muniṃ asamaṃ.
Je m'incline devant l'Arhat, le Sage inégalé et invaincu, dont le cœur a été rendu parfaitement pur par la disparition de toutes les souillures, dont la connaissance embrasse tout le domaine du savoir, et dont la conduite est supramondaine, ayant fait des trois mondes l'objet de sa vision.
7.
7.
Mudubhārati madhupāsita nalinopama vadanaṃ,Rucirāyata nalinīdala nibha locana yugalaṃ;
Udayodita ravimaṇḍala jalitāmala niṭilaṃ,Paṇamā’maha akutobhayaṃ anaghaṃ muni pamukhaṃ.
Je m'incline devant le chef des Sages, sans tache et ne craignant rien, dont le visage ressemble à un lotus honoré par les abeilles de ses douces paroles, dont les yeux sont semblables à deux longs et beaux pétales de lotus, et dont le front pur brille comme le disque du soleil levant.
8.
8.
Asitambuda rucikuñcita mudu kuntala lalitaṃ,Bhuvanodara vitatāmita jutisañcaya jalitaṃ;
Madamodita diradopama gativibbhama ruciraṃ,Paṇamā’mahaṃ amatandada munipuṅgavaṃ asamaṃ.
Je m'incline devant le plus éminent des Sages, inégalé, dispensateur de l'immortalité, dont les cheveux bouclés sont gracieux et sombres comme les nuages de pluie, qui brille d'une accumulation de lumière infinie répandue dans le monde, et dont la démarche est aussi belle et majestueuse que celle d'un éléphant enivré de joie.
9.
9.
Karuṇārasa paribhāvita savaṇāmata vacanaṃ,Virudāvali sataghosita yasapūrita bhuvanaṃ;
Sumanohara varalakkhaṇa sirisañcaya sadanaṃ,Paṇamā’mahaṃ uditāmala sasimaṇḍala vadanaṃ.
Je m'incline devant celui dont le visage est semblable au disque pur de la lune levante, dont les paroles sont un nectar pour l'oreille imprégné de compassion, dont la renommée est proclamée par des centaines de louanges à travers le monde, et qui est la demeure d'une multitude de signes excellents et ravissants.
10.
10.
Vinayāraha janamānasa kumudākara sasinaṃ,Tasināpaga parisosana satadīdhiti tulitaṃ;
Tamanāsava munisevitaṃ apalokita sukhadaṃ,Paṇamā’mahaṃ aniketanaṃ akhilāgati vigataṃ.
Je m'incline devant celui qui est sans demeure et libre de toute mauvaise destination, qui est comme une lune pour l'étang de lotus que sont les esprits des gens à discipliner, comparable au soleil pour assécher la rivière de la soif, et qui est servi par les sages libérés des souillures, apportant le bonheur par son simple regard.
11.
11.
Sahitākhila bhayabheravaṃ abhayāgata saranaṃ,Ajarāmara sukhadāyakaṃ anirākata karuṇaṃ;
Tamupāsaka janasevita supatiṭṭhita caraṇaṃ,Paṇamā’mahaṃ ahitāpahaṃ anaghuttama caraṇaṃ.
Je m'incline devant les pieds du Très Saint sans tache, qui dissipent le mal, qui sont un refuge contre toutes les terreurs, qui accordent le bonheur de l'absence de vieillesse et de mort, dont la compassion n'est jamais refusée, et dont les pieds sont fermement établis et servis par les dévots.
12.
12.
Karuṇāmata rasapurita vīmalākhila hadayaṃ,Vihitāmita janatāhitaṃ anukampita bhuvanaṃ;
Bhuvane sutaṃ avanīpati sata sevita caraṇaṃ,Paṇamā’mahaṃ anaghaṃ muniṃ aghanāsana caturaṃ.
Je m'incline devant le Sage sans tache, habile à détruire le mal, dont le cœur est entièrement pur et rempli du nectar de la compassion, qui a œuvré pour le bien d'une multitude infinie d'êtres, compatissant envers le monde, célèbre dans l'univers et dont les pieds sont servis par des centaines de rois.
13.
13.
Aratīrati paripīlita yatimānasa damanaṃ,Nijasāsana vinivārita puthutitthiya samaṇaṃ;
Paravādika janatākata paribhāsita khamanaṃ,Paṇamā’mahaṃ atidevata vara gotama samaṇaṃ.
Je m'incline devant l'ascète Gotama, le plus excellent des êtres divins, qui dompte l'esprit des ascètes tourmentés par l'insatisfaction, qui a réfuté les nombreux ascètes d'autres doctrines par son propre enseignement, et qui a supporté les insultes proférées par les tenants de thèses adverses.
14.
14.
Saraṇāgata bhayanāsana vajirālaya paṇibhaṃ,Bhavasāgara patitāmita janatārana nirataṃ;
Sirasāvahaṃ amalañjali puṭapaṅkaja makulaṃ,Paṇamā’mahaṃ akhilalāya vigataṃ muniṃ atulaṃ.
Je m'incline devant le Sage incomparable, libre de tout attachement, qui est comme un diamant détruisant la peur de ceux qui cherchent refuge, dévoué à sauver l'humanité infinie tombée dans l'océan de l'existence ; je porte sur ma tête mes mains jointes comme un bouton de lotus pur.
15.
15.
Vimalīkata janamānasa vigatāsava bhagavaṃ,Bhavapāraga vibhavāmata sukhadāyaka satataṃ;
Paramādara garugārava vinataṃ jina payataṃ,Padapaṅkaja rajasā mama samalaṅkuru sirasaṃ.
Ô Bienheureux libéré des souillures, qui avez purifié l'esprit des gens, qui êtes allé au-delà de l'existence et donnez constamment le bonheur de l'immortalité ; avec un respect et une dévotion suprêmes, prosterné, ô Victorieux, puisse la poussière de vos pieds de lotus orner ma tête.
16.
16.
Pavanāhata dumapallavaṃ iva nārata capalaṃ,Bhavalālasa malinīkataṃ ajitindriya nivahaṃ;
Cira sañcita duritāhataṃ anivārita timisaṃ,Vimalīkuru karuṇābhara sutaraṃ mama hadayaṃ.
Purifiez complètement mon cœur, ô trésor de compassion, mon cœur qui est aussi instable que les jeunes feuilles d'un arbre battu par le vent, souillé par le désir pour l'existence, aux sens indomptés, frappé par les maux accumulés depuis longtemps et enveloppé d'une obscurité irrésistible.
17.
17.
Adaye dayaṃ anaye nayaṃ api yo guṇaṃ aguṇe,Ahite hitaṃ akaro kvacida api kenaci nakataṃ;
Sadaye jina sunaye guṇasadane tayi nitaraṃ,Suhite hitacarite’nagha ramate mama hadayaṃ.
Mon cœur se réjouit toujours en vous, ô Victorieux, demeure des vertus, vous qui avez manifesté la compassion envers les sans-pitié, la rectitude envers les injustes, la vertu envers les non-vertueux, et le bien envers ceux qui sont nuisibles, accomplissant ce qui n'a été fait par personne nulle part ailleurs.
18.
18.
Bhavasaṅkaṭa patitenapi bhavatā cira caritaṃ,Visame sama caraṇaṃ khalu dasapārami bharaṇaṃ;
Sarato’hani sarato nisi supinenapi satataṃ,Ramate jina sumate tvayi sadayaṃ mama hadayaṃ.
Bien qu'étant tombé dans les périls de l'existence, mon cœur se réjouit en vous avec compassion, ô Victorieux à l'esprit sage, en me souvenant jour et nuit, et même en rêve, de votre conduite équanime dans l'adversité et de votre accomplissement des dix perfections durant une longue période.
19.
19.
Atiduddadaṃ adadī bhavaṃ atidukkaraṃ akarī;
Atidukkhamaṃ akhamī vata karuṇānidhi’rasamo,Iti te guṇaṃ anaghaṃ muni sarato mama hadayaṃ,Ramate’hani ramate nisi ramate tvayi satataṃ.
Mon cœur se réjouit en vous sans cesse, jour et nuit, ô Sage sans tache, en me souvenant de vos qualités : vous avez donné ce qui est extrêmement difficile à donner, vous avez fait ce qui est extrêmement difficile à faire, et vous avez enduré ce qui est extrêmement difficile à endurer, ô trésor de compassion sans égal.
20.
20.
Atiduccaraṃ acarī bhavaṃ atiduddamaṃ adamī,Atiduddayaṃ adayī vata sadayāpara hadayo;
Iti te guṇaṃ anaghaṃ muni sarato mama hadayaṃ,Ramate’hani ramate nisi ramate tvayi satataṃ.
Mon cœur se réjouit en vous sans cesse, jour et nuit, ô Sage sans tache, en me souvenant de vos qualités : vous avez pratiqué ce qui est extrêmement difficile à pratiquer, vous avez dompté ce qui est extrêmement difficile à dompter, et vous avez montré de la pitié pour ceux qu'il est extrêmement difficile de plaindre, vous dont le cœur est tout à la compassion.
21.
21.
Atiduggamaṃ agamī bhavaṃ atidujjayaṃ ajayī,Atidussahaṃ asahī vata samupekkhita manaso;
Iti te guṇaṃ anaghaṃ muni sarato mama hadayaṃ,Ramate’hani ramate nisi ramate tvayi satataṃ.
Mon cœur se réjouit en vous sans cesse, jour et nuit, ô Sage sans tache, en me souvenant de vos qualités : vous êtes allé là où il est extrêmement difficile d'aller, vous avez vaincu ce qui est extrêmement difficile à vaincre, et vous avez supporté ce qui est extrêmement difficile à supporter, vous dont l'esprit demeure empreint d'équanimité.
22.
22.
Atidāruna palayānala sadisānala jalite,Niraye vinipatito ciraṃ aghatāpita manaso;
Na sariṃ sakida api te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama narasārathi tamidaṃ mama khalitaṃ.
Pardonne-moi cette faute, ô Gotama, guide des hommes ; pendant longtemps, je n'ai pas pensé une seule fois à honorer tes pieds de lotus, mon esprit étant tourmenté par le mal, alors que j'étais tombé dans les enfers brûlant comme le feu apocalyptique de la destruction.
23.
23.
Tiriyaggata-gatiyaṃ ciraṃ anavaṭṭhita carito,Atiniṭṭhura vadhatajjita bhayakampita hadayo;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama purisuttama tamidaṃ mama khalitaṃ.
Pardonne-moi cette faute, ô Gotama, homme suprême ; pendant longtemps, je n'ai pas pensé une seule fois à honorer tes pieds de lotus, alors que j'errais sans fin dans les renaissances animales, le cœur tremblant de peur et menacé par des massacres cruels.
24.
24.
Paridevana nirato ciraṃ atha pettiya visaye,Sujighacchita supipāsita parisosita jaṭhare;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama dipaduttama tamidaṃ mama khalitaṃ.
Pardonne-moi cette faute, ô Gotama, suprême parmi les bipèdes ; pendant longtemps, je n'ai pas pensé une seule fois à honorer tes pieds de lotus, alors que j'étais plongé dans les gémissements du royaume des fantômes affamés, le ventre desséché par une faim et une soif intenses.
25.
25.
Vivaso bhusaṃ aghadūsita manasāsura visaye,Janito ghanatimire ciraṃ atidukkhita hadayo;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama vasisattama tamidaṃ mama khalitaṃ.
Pardonne-moi cette faute, ô Gotama, le plus excellent des sages ; pendant longtemps, je n'ai pas pensé une seule fois à honorer tes pieds de lotus, alors que j'étais né dans le royaume des Asuras, le cœur affligé par une grande souffrance, sans défense et l'esprit souillé par le mal dans une obscurité profonde.
26.
26.
Manasā cira vihitaṃ saraṃ atikibbisa caritaṃ,Samathenatha suvirājiya taṃ asaññitaṃ upago;
Na sariṃ sakida api te pita bhajituṃ pada nalinaṃ,Khama gotama vasipuṅgava tamidaṃ mama khalitaṃ.
Ayant longtemps gardé à l'esprit une conduite très pécheresse, accédant à l'état d'inconscience après l'avoir réprimée par le calme ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, le plus éminent des maîtres de soi, cette mienne faute.
27.
27.
Vijigucchiya duritaṃ nija vapusā kataṃ amitaṃ,Tanu vajjitaṃ upago bhavaṃ iha bhāvita samatho;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama yatikuñjara tamidaṃ mama khalitaṃ.
Dégoûté par l'immense mal commis par mon propre corps, parvenu ici à un état de calme cultivé après m'être dépouillé de ce corps ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, éléphant parmi les ascètes, cette mienne faute.
28.
28.
Ratanattaya rahite bhusa bahulīkata durite,Janito paravisaye budhajana nindiya carite;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama karuṇānidhi tamidaṃ mama khalitaṃ.
Dans une contrée étrangère dépourvue des Trois Joyaux, où le mal est abondamment pratiqué, ayant mené une conduite blâmée par les sages ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, trésor de compassion, cette mienne faute.
29.
29.
Janito yadi manujesupi vikalindriya nivaho,Tanunā karacaraṇādihi vikate’niha dukhito;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama matisāgara tamidaṃ mama khalitaṃ.
Si je suis né parmi les hommes avec une multitude de sens défaillants, le corps souffrant et défiguré dans ses membres, sans défense ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, océan de sagesse, cette mienne faute.
30.
30.
Vidhināhita matibhāvana rahito tamapihito,Visadesupi kusalādisu tathadassana vimukho;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama narakesari tamidaṃ mama khalitaṃ.
Dépourvu de la culture de l'esprit prescrite par la règle, enveloppé de ténèbres, refusant de voir la vérité même dans les choses pures et bénéfiques ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, lion parmi les hommes, cette mienne faute.
31.
31.
Sucirenapi bhuvi dullabhaṃ asamaṃ khaṇaṃ alabhaṃ,Sanarāmara janatāhita sukhadaṃ muni jananaṃ;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama vadataṃvara tamidaṃ mama khalitaṃ.
N'ayant pas obtenu ce moment inégalable et rare sur terre, même après un long temps, qui apporte le bien et le bonheur à la foule des dieux et des hommes, et la naissance des Sages ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, le meilleur des orateurs, cette mienne faute.
32.
32.
Nisitāyudha vadhasajjita khaḷaniddaya hadayo,Parahiṃsana ruci bhiṃsana yamasodara sadiso;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama munisattama tamidaṃ mama khalitaṃ.
Le cœur impitoyable et vil, prêt au meurtre avec des armes aiguisées, semblable au frère terrifiant de Yama et prenant plaisir à nuire aux autres ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, le meilleur des sages, cette mienne faute.
33.
33.
Parasantaka haraṇe katamati bañcana bahulo,Gharasandhika paripanthika sahasākati nirato;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama munipuṅgava tamidaṃ mama khalitaṃ.
L'esprit résolu à voler le bien d'autrui, plein de tromperie, adonné à l'effraction, au brigandage et à la violence ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, taureau parmi les sages, cette mienne faute.
34.
34.
Navayobbana madagabbita parimucchita hadayo,Sucisajjana vijigucchiya paradārika nirato;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama karuṇābhara tamidaṃ mama khalitaṃ.
Le cœur égaré et enorgueilli par l'ivresse de la prime jeunesse, adonné à l'adultère abhorré par les gens de bien ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, paré de compassion, cette mienne faute.
35.
35.
Madirāsavarata nāgarajana santata bhajito,Garugārava hiridūrita tiriyaggata carito;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama vihatāsava tamidaṃ mama khalitaṃ.
Adonné aux liqueurs enivrantes, fréquentant sans cesse les citadins débauchés, dépourvu de respect envers les aînés et de pudeur, agissant comme un animal ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, toi qui as détruit les souillures, cette mienne faute.
36.
36.
Sapitāmaha papitāmaha nicitaṃ dhanaṃ amitaṃ,Pitusañcitamapi nāsiya kitavo hatavibhavo;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama vijitantaka tamidaṃ mama khalitaṃ.
Ayant dilapidé l'immense fortune accumulée par mes grands-pères et arrière-grands-pères ainsi que par mon père, joueur de dés ruiné ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, vainqueur de la mort, cette mienne faute.
37.
37.
Vitathālika vacano parapiyasuññata karaṇo,Pharusaṃ bhaṇaṃ atinipphala bahubhāsana nipuṇo;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama bhuvanesuta tamidaṃ mama khalitaṃ.
Usant de paroles mensongères et vaines, causant la discorde entre amis, tenant des propos rudes et habile en bavardages futiles ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, loué dans le monde, cette mienne faute.
38.
38.
Parasampadaṃ abhijhāyana nirantara dukhito,Nabhirajjhana paramo kvaci phaladassana rahito;
Na sariṃ sakidapi te pita bhajituṃ padanalinaṃ,Khama gotama guṇasāgara tamidaṃ mama khalitaṃ.
Convoitant continuellement la richesse d'autrui, plongé dans la souffrance, enclin à une colère extrême et sans vision des fruits de mes actes ; je ne me suis pas souvenu, ne serait-ce qu'une fois, ô Père, d'honorer tes pieds de lotus. Pardonne, ô Gotama, océan de vertus, cette mienne faute.
39.
39.
Bhavato bhavaṃ aparāparaṃ ayatāciraṃ iti me,Vapusā atha vacasāpi ca manasā kataṃ amitaṃ;
Khama gotama duritāpaha duritaṃ bahuvihitaṃ,Dada me sivapadaṃ accutaṃ amataṃ bhavavigataṃ.
D'existence en existence, durant ce long temps passé, l'immense mal commis par mon corps, ma parole et mon esprit ; pardonne-le, ô Gotama, toi qui détruis le mal. Accorde-moi l'état de paix immuable, l'immortalité délivrée de l'existence.
40.
40.
Timirāvuta kuṇapākula vijigucchiya pavane,Janikāsuci jaṭhare bahu kimisantati sadane;
Asayiṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saranaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Couvert de ténèbres, entouré de cadavres dans un vent impur, dans la demeure d'une multitude de vers au sein de la matrice maternelle impure ; j'ai séjourné, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
41.
41.
Bahi nikkhamaṃ asakiṃ bhagatiriyaṃ patha patito,Agadaṅkara kata sallaka satakhaṇḍita karaṇo;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi tarane.
Sortant à maintes reprises, tombé sur un chemin difficile, le corps mutilé en cent morceaux par le scalpel du médecin ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
42.
42.
Patito bahi ratipillaka tanurāmaya mathito,Vadituṃ kimu viditumpi ca na sahaṃ matirahito;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Étant sorti, tel un petit vermisseau, le corps tourmenté par les maladies, incapable de parler ni même de comprendre, privé de raison ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
43.
43.
Janito yadi sukhito janadayito piyajanako,Puthuko bahuvidha-kīlananirato gadagahito;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Si je suis né heureux, aimé de mes parents, petit enfant adonné à divers jeux, puis saisi par la maladie ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
44.
44.
Tarunopi hi gharabandhana gathitomita vibhavo,Sahasā gadagahito piyabhariyāsuta viyuto;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Même jeune, enchaîné aux liens du foyer, possédant d'immenses richesses, soudainement saisi par la maladie, séparé de ma chère épouse et de mon fils ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
45.
45.
Ajaraṃ tanuṃ abhimaññiya navayobbana vasiko,Jarasā parimathito paraṃ ananuṭṭhita kusalo;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Croyant mon corps exempt de vieillesse, sous l'emprise de la prime jeunesse, tourmenté par la vieillesse sans avoir accompli de mérites ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
46.
46.
Nirujo dhuvaṃ arujaṃ tanuṃ abhimaññiya samado,Kusalāsaya vimukho bhusaṃ avaso gadanihato;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Étant en bonne santé, croyant mon corps éternellement sans douleur, enivré d'orgueil, détourné des bonnes intentions et soudainement abattu par la maladie sans défense ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
47.
47.
Pavicintiya sakajīvitaṃ amaraṃ dhuvaṃ anighaṃ,Iti jīvitamadagabbita matirujjhita kusalo;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Pensant que ma propre vie était immortelle, stable et sans peine, l'esprit enorgueilli par l'ivresse de vivre, ayant délaissé le bien ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
48.
48.
Parahiṃsana dhanamosana paradārika nirato,Dharanīpati gahito bahu vadhabandhana nihato;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Adonné à nuire aux autres, au vol de richesses et à l'adultère, capturé par le souverain, frappé par de nombreux supplices et liens ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
49.
49.
Narakodaka patito giritarumatthaka galito,Migavāḷaka gahito visadhara jātihi ḍasito;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Tombé dans les eaux infernales, précipité du sommet d'une montagne ou d'un arbre, saisi par des bêtes sauvages ou mordu par des serpents venimeux ; je suis mort, errant sans protection dans le cycle des renaissances. Sois mon refuge, ô Bienheureux, pour traverser l'océan de l'existence.
50.
50.
Abhicāraka vidhikopita nisicāraka gahito,Savisodana sahasādana pabhutīhi ca khalito;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Saisi par des esprits nocturnes irrités par des rites de sorcellerie, trébuchant à cause de l'empoisonnement, de la violence et d'autres maux ; j'ai péri en errant sans refuge dans le fourré de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
51.
51.
Sayamevaca sajanopari kupito mativiyuto,Savisādana galakantana pabhutāmita khalito;
Amariṃ bhavagahaṇe caraṃ ahaṃ appaṭisaraṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Étant moi-même en colère contre mes proches et privé de raison, trébuchant à cause de l'accablement, de l'égorgement et d'innombrables autres maux ; j'ai péri en errant sans refuge dans le fourré de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
52.
52.
Pitupūjana niratāsaya sukhito pitudayito,Maraṇenaca pituno bhusaṃ anusocana nirato;
Parudiṃ ciraṃ atidussaha kasire bhavagahaṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Heureux et cher à mon père, dévoué à l'honorer, et accablé par un chagrin profond à sa mort ; j'ai longtemps pleuré dans le fourré pénible et difficile de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
53.
53.
Samupaṭṭhiya janikaṃ nijaṃ abhivādana paramo,Maraṇenaca janikāyanusaritā guṇamahimaṃ;
Parudiṃ ciraṃ atidussaha kasire bhavagahaṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Servant ma propre mère et dévoué à lui rendre hommage, me remémorant la grandeur de ses vertus à sa mort ; j'ai longtemps pleuré dans le fourré pénible et difficile de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
54.
54.
Gurudevata patimānana paramo piyasuvaco,Samupāsitacaraṇo gurumaraṇenatidukhito;
Parudiṃ ciraṃ atidussaha kasire bhavagahaṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Dévoué à honorer mon maître comme une divinité, aux paroles aimables, servant ses pieds et profondément affligé par sa mort ; j'ai longtemps pleuré dans le fourré pénible et difficile de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
55.
55.
Gharamedhitaṃ upagomitavibhavo ratibahulo,Maraṇe piyabhariyāsutaduhitū’natikaruṇaṃ;
Parudiṃ ciraṃ atidussaha kasire bhavagahaṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Menant la vie de foyer, pourvu de richesses et adonné aux plaisirs, j'ai pleuré de façon très pitoyable à la mort de ma chère épouse, de mes fils et de mes filles ; j'ai longtemps pleuré dans le fourré pénible et difficile de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
56.
56.
Piyapubbaja sahajānuja bhagiṇidvaya maraṇe,Nija bandhava-sakha-sissaka maraṇe pyatikaruṇaṃ;
Parudiṃ ciraṃ atidussaha kasire bhavagahaṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
À la mort de mon cher frère aîné, de mon frère cadet et de mes deux sœurs, ainsi qu'à la mort très douloureuse de mes proches, amis et disciples ; j'ai longtemps pleuré dans le fourré pénible et difficile de l'existence. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
57.
57.
Jagatīpati gahaṇā ripujanatakkara haraṇā,Saritodaka vahaṇā puthujalitānala dahaṇā;
Parudiṃ hatavibhavo ciramiha duggatigahaṇe,Saraṇaṃ bhava bhagavaṃ mama bhavanīradhi taraṇe.
Saisi par les rois, dépouillé par les ennemis et les voleurs, emporté par les eaux des fleuves, brûlé par les vastes flammes d'un incendie ; ayant perdu mes richesses, j'ai longtemps pleuré ici dans le fourré de la misère. Ô Bienheureux, sois mon refuge pour traverser l'océan de l'existence.
58.
58.
Atiduggama visamākula bhavasaṅkaṭa patite,Byasanaṃ ciramiti dussahaṃ anubhūyapi vimitaṃ;
Na jahe sukhalavavañcitahadayo bhavatasinaṃ,Tamapākuru karuṇānidhi tasinaṃ mama kasiṇaṃ.
Tombé dans les tourments de l'existence, très difficiles et turbulents, ayant éprouvé un malheur insupportable pendant si longtemps, je reste pourtant perplexe ; mon cœur trompé par un brin de bonheur, je n'abandonne pas la soif d'exister. Ô Trésor de Compassion, dissipe entièrement cette soif en moi.
59.
59.
Jananāvadhi maraṇaṃ viya maraṇāvadhi jananaṃ,Ubhayenapi bhayamevahi bhavato mama niyataṃ;
Sivamevaca jananāvadhi maraṇāvadhi rahitaṃ,Dada me sivaṃ amatandada taṃ anāsava bhagavaṃ.
Comme la naissance finit par la mort, la mort finit par la naissance ; dans l'existence, les deux sont pour moi une source de crainte certaine. Donne-moi cette paix exempte de naissance et de mort, ô Bienheureux, toi qui donnes l'Immortel et qui es sans souillures.
60.
60.
Ciradikkhitamapi me manaṃ anivārita tasinaṃ,Bhavato bhava ratipīlitaṃ ahaho kalighaṭitaṃ!Tamato pita bhayato mamamava me bhava saraṇaṃ,Bhagavaṃ paṭisaraṇaṃ mama bhavanīradhi taraṇaṃ.
Bien que mon esprit ait été longtemps exercé, sa soif n'est pas réprimée ; hélas, il est opprimé par l'attachement à l'existence et frappé par le malheur ! Protège-moi de l'obscurité et de la crainte, sois mon refuge ; ô Bienheureux, tu es mon abri pour traverser l'océan de l'existence.